Les infos à J-1

9 mai 2026 - 19:36

  • 21 équipes affronteront demain les 29 ribinou de la 42e édition du Tro Bro Leon, course indécise comme à son habitude. « Le pilotage dans les ribinou aura son importance », prévient le directeur technique Cédric Coutouly, alors que le parcours a été mouillé par plusieurs averses ce samedi.
  • Bastien Tronchon (Groupama FDJ-United) est prêt à défendre son titre mais arrive dans de moins bonnes dispositions qu’en 2025. « L’objectif reste le même : gagner », annonce son dauphin Pierre Gautherat. Il devra venir à bout d’un bataillon relevé, notamment dans le camp français. « Je vais être ambitieux », prévient Benoît Cosnefroy, qui vient de débloquer son compteur avec la redoutable équipe UAE Emirates XRG.
  • Six coureurs présents ce dimanche ont déjà connu le podium du Tro Bro Leon, mais de nombreux autres espèrent y monter pour la première fois, à l’image d’Axel Zingle, du Britannique Fred Wright ou du Norvégien Rasmus Tiller. La course sera à suivre en direct à partir de 15h15 sur France 3.

« IL FAUDRA DES JAMBES, MAIS PAS QUE »

202,1 kilomètres dont 34 sur des voies non-asphaltées, 29 ribinou, 21 équipes prêtes à en découdre : le Finistère vibrera au rythme de la 42e édition du Tro Bro Leon, ce dimanche. Le parcours a légèrement évolué, comme c’est le cas chaque année depuis la création de la course en 1984. Une chose n’a elle pas changé : le suspense sportif, toujours entier. Le directeur technique de l'épreuve, Cédric Coutouly, juge le plateau « à nouveau très compétitif », avec 11 formations et de nombreux cyclistes prévus sur le prochain Tour de France. « On devrait avoir un match assez franco-français, mais avec quelques talentueux coureurs étrangers pour arbitrer les débats », prévoit l’homme arrivé 2e ici en 2005. « Pour l’emporter il faut avoir les jambes, bien sûr. Mais il y a aussi une partie plus aléatoire : il faut un peu de chance, par exemple avec les crevaisons. »

Samedi, tous les yeux de Lannilis étaient rivés sur le ciel breton. La matinée a été marquée par quelques épisodes pluvieux, alors que Cédric Coutouly et ses équipes étaient en reconnaissance. « On a immédiatement vu des flaques, et les ribinou qui absorbent moins l’eau devenaient boueux. Mais il y a du vent et cela va aider à sécher. Il n’y aura pas de grosse boue comme l’an dernier, où les conditions étaient dantesques, mais ce sera humide. Le pilotage dans les ribinou sera donc important », anticipe-t-il. Les dernières prévisions météorologiques donnent un vent soufflant à 30 km/h de moyenne, et de possibles averses sur le parcours. Une nouvelle édition épique s’annonce à l’horizon, un an après le scénario renversant qui avait couronné Bastien Tronchon.

« L’UNE DES PLUS GRANDES ÉMOTIONS DE MA VIE »

Le Français de la Groupama FDJ-United est l’un des deux anciens vainqueurs au départ ce dimanche en compagnie d’Hugo Hofstetter (NSN Cycling), lauréat de l’édition 2022. Un an après son succès à Lannilis, le Chambérien est encore électrisé par ce qu’il décrit comme « l’une des plus grandes émotions de ma vie », sur « une course tellement à part ». Il n’a rien laissé au hasard pour la défense de son titre, allant jusqu’à tester des vêtements sous la pluie pour trouver le matériel le plus adéquat. Sa préparation a toutefois été marquée par des problèmes de santé qui l’ont empêché de briller ces derniers mois. « Mais les soucis sont réglés et je prends à nouveau du plaisir. Je suis dans une bonne dynamique, mais sans la confiance des résultats obtenus en début de saison 2025. »

Son coéquipier Valentin Madouas présente sa candidature à sa succession, lui dont la dernière victoire a aussi été empochée dans la région (Bretagne Classic 2023). Le Brestois a fini 3e ici l’an dernier, remportant le porcelet de meilleur Breton. « Le Tro Bro Leon fait partie de mes objectifs mais c’est une course de reprise, alors que l’an dernier j’étais plus en fin de cycle. Je me suis entraîné dur pour être performant, il y a cette petite interrogation de la course de rentrée, mais sinon tous les voyants sont au vert. J’ai envie de me prouver que je suis capable de performer, mais c’est la course qui décidera. L'objectif numéro un, c'est qu’un coureur de l'équipe soit devant », souligne le vice-champion olympique de Paris 2024.

GAUTHERAT : « L’OBJECTIF EST DE GAGNER »

Vainqueure avec Tronchon l’an dernier, la formation Decathlon CMA CGM avait fait le doublé grâce à Pierre Gautherat. Déjà troisième en 2024, l’Alsacien a encore une marche du podium à découvrir : la plus haute. « Je suis très motivé et l’objectif reste le même : gagner », affirme le récent vainqueur de Paris-Camembert. « Le Tro Bro Leon est toujours un moment important de la saison. C’est une course unique et c’est ça qui attire, qui fait sa beauté. On a vraiment une belle équipe et j’espère que tout ira bien, qu’on aura la chance de notre côté car il en faut aussi. » Et si le sort n’est pas avec lui, Decathlon CMA CGM pourra compter sur d’autres prétendants comme Noa Isidore et Paul Lapeira.

Deux autres coureurs présents ce dimanche connaissent déjà, comme Gautherat, le second échelon du podium : Piet Allegaert (Cofidis) en 2021, et Clément Venturini (Unibet Rose Rockets) en 2024. « J'ai une grande envie de bien faire », annonce le Français. « J’ai manqué de chance l’an dernier, j’espère qu’elle sera de notre côté cette année. On sait que c’est une course très indécise et que beaucoup de choses peuvent arriver au Tro Bro Leon, mais j’espère être présent pour la victoire finale », postule le septuple champion de France de cyclo-cross.

COSNEFROY « AMBITIEUX » ET SUR SA LANCÉE ?

« Je retrouve mon niveau, cela s’est vu sur les classiques mais la victoire n’est pas encore là », confiait récemment Benoît Cosnefroy. Le Français avait terminé 3e de La Flèche Brabançonne et l'Amstel Gold Race, puis 4e de La Flèche Wallonne. Il a enfin débloqué son compteur avec l’équipe UAE Emirates XRG lors du Grand Prix du Morbihan, samedi. De quoi renforcer sa confiance à la veille d’un Tro Bro Leon où il s’est classé 15e en 2024. « Ce sera une course totalement différente mais je vais être ambitieux », annonce-t-il. Cette première victoire annuelle de Cosnefroy inspirera peut-être son compatriote Axel Zingle (Team Visma-Lease A Bike), qui n’a toujours pas levé les bras en 2026. Son équipe découvrira elle la course finistérienne, emmenant avec elle plusieurs nouveaux venus.

Florian Dauphin (TotalEnergies) est lui déjà bien au fait de ce qu’il va affronter, et pour cause : coureur local né à Quimperlé, il participe pour la troisième fois. « J’ai fait un bon bloc pour être en forme au Tro Bro Leon, qui est la plus belle course du calendrier », s’impatiente l’homme arrivé 12e l’an dernier. « Il y a du spectacle et c’est une vraie course de breton où ça se fait à la patte, avec les ribinou, la météo parfois difficile, des paysages extraordinaires avec la vue sur la mer… Cela me tient aussi à cœur car c’est dans le Finistère et j’aurai des supporters, au bord des routes ou derrière la télé. J’ai fait une belle course en 2025 mais il m’en manquait un peu pour faire un gros résultat. Aller chercher un top-5 serait déjà grand au regard du plateau. »

QUI FACE AU BATAILLON FRANÇAIS ?

Cinq des dix derniers vainqueurs du Tro Bro Leon n’étaient pas Français. Deux ans après le lauréat belge Arnaud de Lie (Lotto Intermarché), son compatriote Tim Wellens (UAE Emirates XRG), vainqueur d'étapes sur les trois Grands Tours, est l'une des options de son pays. L'équipe Pinarello Q36.5 aligne elle Quinten Hermans ainsi que le prétendant britannique Fred Wright, 8e lors de sa première participation en 2025. « Le Tro Bro Leon a une identité unique. C’est une course qui exige engagement, résilience et un vrai ressenti du terrain, ce qui la rend incroyablement passionnante pour les coureurs et les spectateurs. Il faut toujours un peu de chance, en plus de bonnes jambes. Mais si tout se met bout à bout, je pense pouvoir viser un très bon résultat », s’impatiente-t-il.

Son compatriote Lewis Askey (NSN Cycling), deux fois dans le top-20, est un autre outsider venu de Grande-Bretagne. La Norvège chasse elle un premier succès, mais aussi un premier podium, et Hagenes n’est pas le seul à pouvoir débloquer le compteur. Rasmus Tiller (Uno X-Mobility) se porte candidat après avoir terminé quatre fois dans le top-10 à Lannilis. « Cette course me convient plutôt bien et je l'attends toujours avec impatience. Si je suis en forme, à l’avant et que je peux éviter les problèmes techniques et les chutes, j’essaierai de viser le podium, voire la victoire », espère-t-il.

LE TRO BRO LEON CHALLENGE FAIT SON CHEMIN

Qui dit veille de Tro Bro Leon, dit Jour J pour le Tro Bro Leon Challenge ! Les amateurs étaient plus nombreux que jamais pour se mesurer aux célèbres ribinou, avec 2 500 participants confrontés à six tracés différents. Trois distances étaient proposées pour les épreuves typées « cyclisme sur route », dans des décors spectaculaires entre terre et mer : un parcours de 34 km (8 ribinou), un itinéraire de 106 km (17) et un tracé plus exigeant de 150 km (22). Côté gravel, un véritable festin de chemins de terre était au programme avec un premier circuit de 65 km (24 ribinou), une version intermédiaire de 104 km (36 ribinou) et une épreuve longue distance de 147 km faite de 50 ribinou, soit 21 de plus que la course professionnelle !

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