Fiorelli, la surprise du chef

10 mai 2026 - 18:02

Rien n’est jamais écrit d’avance au Tro Bro Leon, et la 42e édition de la course bretonne en a fait la parfaite démonstration. Longtemps incertaine, toujours mouvementée, la journée semblait avoir tourné à l’avantage d’un groupe de cinq favoris partis à 30 kilomètres de l'arrivée : Per Strand Hagenes (Visma-Lease a Bike), Lewis Askey (NSN Cycling), Fred Wright (Pinarello Q36.5), ainsi que les Français Paul Lapeira (Decathlon CMA CGM) et Benoît Cosnefroy (UAE Emirates XRG). C’était sans compter sur le panache d’un groupe de poursuivants où figuraient de nombreux outsiders. Leur persévérance a fini par payer à 8 kilomètres de la ligne, lorsque la jonction s'est opérée à l'entrée du secteur de la ferme. C’est finalement dans le dernier des 29 secteurs non-asphaltés, le ribin de Meshuel, que s’est joué le destin de la course. Surprenant les favoris, Filippo Fiorelli (Team Visma-Lease a Bike) a pris ses distances en attaquant à trois kilomètres de l’arrivée, avant de résister au retour de ses adversaires. À 31 ans, et alors qu’il n’avait plus gagné depuis juillet 2022, le Sicilien remporte la plus belle victoire de sa carrière dans « l’Enfer de l’Ouest ». Il s’impose devant Alexis Renard (Cofidis), fier meilleur Breton à domicile, et Askey qui s'offre son premier podium pour sa quatrième tentative ici. Pierre Gautherat (Decathlon CMA CGM) et Rasmus Tiller (Uno-X Mobility) terminent aux portes de ce top-3 imprévisible. Imprévisible, oui : le mot qui résume aujourd’hui mieux que jamais la plus célèbre épreuve finistérienne.

29, comme le chiffre du Finistère. Comme, aussi, le nombre de ribinou à affronter tout au long des 202,1 kilomètres de course, dont 34 non-asphaltés. 140 coureurs répartis dans 21 équipes relèvent le défi proposé par la 42e édition du Tro Bro Leon, dont les anciens vainqueurs Hugo Hofstetter (NSN Cycling, 2022) et Bastien Tronchon (Groupama FDJ-United, 2025). Ils s’engagent sur un parcours annoncé boueux à certains endroits, la faute aux averses de la veille. Mais le ciel du jour est plus clément, profitant notamment du vent pour sécher une bonne partie des routes de « l’Enfer de l’Ouest ». Le peloton y entre officiellement à 12h15, après un défilé dans les rues de Lannilis.

Première échappée d’une centaine de kilomètres

Les premières incursions sur les routes bretonnes sont synonymes de premières attaques, mais le peloton reste groupé et avance à vive allure vers le premier ribin de Kervalanoc (n°29 / km 31,3). Trois hommes se détachent avant d’y entrer en tête : le Français Valentin Ferron (Cofidis), accompagné des Espagnols Nil Gimeno (Kern Pharma) et Daniel Cavia (Burgos-Burpellet-BH). Derrière, un autre trio composé d’un français (Pierre Thierry pour TotalEnergies) et deux espagnols (Joel Nicolau pour Caja Rural-Seguros RGA, Sergio Romeo pour Kern Pharma) part et fait la jonction, permettant ainsi la formation d’une échappée de six coureurs.

Le peloton accorde jusqu’à 2 minutes et 25 secondes d’avance à la sortie du ribin de Landonoi (n°26 / km 60,7), avant d’accélérer sous l’impulsion des NSN de Lewis Askey. L’écart descend sous la minute et fait le yo-yo pendant que les coureurs traversent les extraordinaires paysages finistériens. Nicolau (lâché) et Gimeno (crevaison) sont les premiers vaincus de l’échappée. Celle-ci prend officiellement fin à la sortie du ribin de Bremeloc (n°18 / km 135,4), à 65 kilomètres de l’arrivée. Mais à peine ces premiers attaquants repris, Alexys Brunel (TotalEnergies) tente sa chance en solitaire, avant de trouver dans sa roue Jenthe Biermans (Cofidis).

Les favoris se dévoilent dans le secteur de la ferme

Le duo franco-belge a de la qualité dans les jambes et prend jusqu'à 40 secondes d'avance sur ses poursuivants. Sa tentative prend fin à l’attaque du premier des trois passages dans le ribin de Keradraon (n°10 / km 161,3), le célèbre secteur de la ferme, où les favoris commencent à se mesurer. Clément Russo (Groupama FDJ-United) accélère le rythme puis est relevé par Axel Zingle (Team Visma-Lease a Bike). Le Belge prépare le terrain à son coéquipier Per Strand Hagenes, et les coups de pédales des hommes en jaune participent à une explosion du peloton. Le tenant du titre, Bastien Tronchon, fait partie des battus.

Cinq hommes, tous annoncés parmi les favoris, s’isolent en tête à 30 kilomètres de l’arrivée : Hagenes, Paul Lapeira (Decathlon CMA CGM), Lewis Askey (NSN Cycling), Benoît Cosnefroy (UAE Emirates XRG) et Fred Wright (Pinarello Q36.5). La résistance s’organise une vingtaine de secondes derrière, avec un groupe composé de coureurs du calibre de Valentin Madouas (Groupama FDJ-United), Rasmus Tiller (Uno X-Mobility) ou Pierre Gautherat (Decathlon CMA CGM) malgré un incident mécanique à 20 kilomètres de l’arrivée. L'écart oscille entre 10 et 30 secondes, et plusieurs poursuivants font enfin la jonction avec les leaders à l'entame du dernier passage dans le ribin de Karadraon (n°2 / km 193,7), à 8 kilomètres de l'arrivée.

Tro Bro Léon 2026 - Flamme Rouge

Fiorelli, celui que personne n'attendait

Les accélérations se multiplient dans le secteur de la ferme, mais c'est finalement à l'entame du ribin de Meshuel que se joue le destin du Tro Bro Leon 2026. Surprenant le groupe de tête, Filippo Fiorelli (Visma-Lease a Bike), que l'on aurait plutôt pensé dans un rôle de coéquipier, tente sa chance à trois kilomètres de l'arrivée. Ses adversaires réagissent trop tard et échouent un vélo derrière l'Italien sur la ligne. Fiorelli, qui n'avait plus gagné depuis le Sibiu Cycling Tour 2022, décroche la plus belle victoire de sa carrière à l'âge de 31 ans. C'est aussi la première de son équipe qui, comme lui, découvrait la course ici.

Alexis Renard (Cofidis) finit second et meilleur breton à domicile, devant le Britannique Askey qui monte enfin sur le podium à Lannilis au bout de sa quatrième tentative. Le Français Gautherat (4e) termine dans le top-5 pour la troisième fois, le Norvégien Tiller (5e) dans le top-10 pour la quatrième fois. Dans les classements annexes, le Français Alexys Brunel (TotalEnergies) est désigné coureur le plus combatif, tandis que l'Espagnol Daniel Cavia (Burgos-Burpellet-BH) s'offre le classement des ribinou, un autre prix unique qui fait la spécificité du Tro Bro Leon.

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